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Nous reproduisons ici un courrier de M. Roland Niklaus, paru dans les DNA du 27/11/2015. M. Niklaus, en raison de l'affluence, n'avait pas pu visiter les glacières lors des dernières journées du patrimoine.

« Il n’y a aucun lieu de culture technique à Strasbourg, celle héritée du XIXe siècle ; pour cela il faut aller du côté de Mulhouse : chemin de fer, Electropolis, tissage, papiers peints…

Aux dernières journées du patrimoine, j’étais dans la file d’attente pour visiter la salle des machines (compresseurs, turbines hydrauliques, alternateurs, etc.) des anciennes glacières. Hélas, n’étant pas inscrit, je me retrouve sur un listing dans l’attente d’une nouvelle ouverture au public. Dans l’attroupement, les commentaires étaient orientés sur cette absence de musée technique, où l’on voit de belles machines, bâties en fonte, roues dentées, bielles, grandes roues en fonte, commandes par tringles, cames, excentriques, et… sans informatique…

De cette “cathédrale de l’ère industrielle”, j’avais un vague souvenir ; car j’ai eu la chance, à la fin des années 70, de pouvoir visiter les lieux : l’Ill faisait encore tourner les 4 turbines actionnant les 2 alternateurs, couplés au réseau de l’ES ; les compresseurs Quiri, caractérisés par leurs énormes volants d’inertie, bielles, pièces en bronze, étaient déjà endormis. C’était, dans la pénombre, le monde de la Belle au Bois dormant.

Dans les années 1980, un certain nombre de belles et diverses machines (imprimerie, tissage, turbines, moteurs, etc.) représentatives d’une époque révolue ont été préservées par l’AMUS (Association de préservation de patrimoines techniques), régulièrement citée dans les colonnes des DNA ; ceci dans le but de les montrer au public… Dixit certaines personnes, cela n’a jamais intéressé les municipalités successives. On préfère investir dans l’art moderne, l’éphémère, parfois le n’importe quoi, et j’en passe, au moins l’argent public est directement englouti. Il semblerait que tous ces trésors existent encore, épargnés par les vandales, dispersés dans différents lieux, à la merci des ferrailleurs. Et quand verrons-nous à nouveau un tram ancien de la CTS circuler dans la ville comme à Nantes, Karlsruhe, Fribourg, et dans bien d’autres villes, qui n’ont pas honte de leur “passé récent” ?

Pour en revenir à l’usine à glace : beaucoup de personnes sont venues parce qu’elles ont vu ce trésor ensommeillé dans l’émission de télé « Des Racines et des Ailes » consacrée à l’Alsace.

Dans tous les domaines techniques, beaucoup de savoir-faire, de connaissances, se sont amoindris ; on a besoin de voir des fonctionnements, des techniques de base.

On ne sait quel avenir réserver à la “Laiterie” ou à d’autres anciens sites industriels ; alors, pourquoi ne pourrait-on y abriter un embryon de musée technique ? Avec l’espoir de pouvoir un jour admirer dans notre région ces créations de l’ère industrielle, de l’âge du fer, formes d’art nouveau. À quand un lieu de mémoire technique de proximité ? »

http://c.dna.fr/edition-de-strasbourg/2015/11/27/a-quand-un-lieu-de-culture-technique

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